Dispositif Pro-A : tout ce qu’il faut savoir

dispositif pro A
Sommaire

Le dispositif Pro-A offre aux responsables de formation et des ressources humaines la possibilité d’obtenir des financements auprès de leurs OPCO pour favoriser la reconversion ou la promotion de leurs salariés.
Un atout important pour les entreprises qui souhaitent rester compétitives à l’heure de la crise.

Près de la moitié des actifs (49 %) envisagent une reconversion professionnelle à plus ou moins long terme, selon une étude Centre-Inffo réalisée en 2021.
C’est là qu’intervient le dispositif Pro-A. Celui-ci favorise, en effet, la reconversion ou la promotion par alternance. 

Vous pouvez dès lors, le mobiliser pour que vos salariés puissent changer de métier ou accéder à une promotion sociale ou professionnelle.
Les avantages pour l’entreprise ? 

Tout d’abord répondre aux nouvelles obligations légales quand l’obtention d’une certification devient nécessaire à l’exercice d’une activité.

Mais, aussi, rester compétitif dans un monde en crise et soumis à des évolutions technologiques et numériques importantes.
Zoom sur ce dispositif.

Pro-A : quand la reconversion ou la promotion devient un enjeu anti-crise

La reconversion a pu être envisagée par de nombreux salariés durant les divers épisodes de confinement.
En quête de sens, certains ont eu des envies d’ailleurs ou tout simplement, d’une évolution ou d’une promotion professionnelle.

En tant que responsable de formation, votre rôle est de les accompagner dans cette réflexion.

Voici quelques raisons pour lesquelles la promotion par alternance peut être bénéfique en temps de crise :

  1. Facilite la reconversion professionnelle : en période de crise, de nombreux secteurs d’activité peuvent être touchés et certains emplois peuvent être menacés. La Pro-A permet à un salarié de se reconvertir vers un métier porteur et de sécuriser son avenir professionnel.
     
  2. Développe les compétences des salariés : en se formant, les salariés peuvent développer de nouvelles compétences et renforcer leurs connaissances dans leur domaine d’activité. Cela peut leur permettre de se montrer plus polyvalents et plus adaptatifs face aux changements.
     
  3. Améliore la productivité : la formation d’un salarié peut contribuer à améliorer sa productivité en lui permettant de mieux comprendre les enjeux de son travail et en lui donnant les outils pour réaliser ses tâches plus efficacement.
     
  4. Favorise la mobilité interne : en permettant aux salariés de se former et de se promouvoir, l’entreprise peut favoriser la mobilité interne et encourager les parcours professionnels au sein de l’entreprise. Cela peut contribuer à fidéliser les salariés et à renforcer l’engagement de l’équipe.
     
  5. Renforce la compétitivité de l’entreprise : en formant ses salariés, l’entreprise peut renforcer sa compétitivité en disposant d’une équipe qualifiée et compétente. Cela peut permettre de mieux répondre aux attentes des clients et de mieux s’adapter aux évolutions du marché.

Le dispositif pro-A pourrait alors être une option à envisager ensemble. Mais concrètement, de quoi s’agit-il ?

Le dispositif Pro-A : la reconversion ou la promotion par alternance

Apparue avec la loi Avenir professionnel du 5 septembre du 2018, la Pro-A offre au salarié la possibilité de “choisir son avenir professionnel”.

Dans le cadre d’une reconversion ou d’une promotion par alternance, il est ainsi possible de mobiliser ce dispositif pour bénéficier du financement de formations adaptées à ses besoins.
Les objectifs : favoriser son évolution professionnelle et son employabilité.

C’est alors un tremplin vers un changement d’emploi ou vers une évolution sociale ou professionnelle pour un salarié, qui lui permettra de bénéficier d’un salaire plus avantageux.
Mais pour l’entreprise, quels sont les avantages ? 

Pourquoi mettre en place la Pro-A dans son entreprise ?

La pandémie de Covid-19 a impacté nos vies professionnelles. Accélération de la digitalisation et obsolescence des compétences ont révélé le manque de qualifications de certains salariés. La formation professionnelle s’est dès lors avérée essentielle. 

Certaines entreprises l’ont bien compris et n’ont pas hésité à mobiliser les différents dispositifs mis en place par le gouvernement.
Parmi eux, on retrouve la Pro-A, un dispositif à forts enjeux en temps de crise.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a été renforcé dans le cadre du plan de relance du gouvernement.
De fait, ce dispositif répond aux besoins de l’entreprise : 

  1. Développement des compétences des salariés : la promotion par alternance permet aux salariés de développer de nouvelles compétences et de se former tout en travaillant. Cela leur permet d’évoluer professionnellement et de progresser dans leur carrière.
     
  2. Amélioration de la productivité : la formation des salariés permet d’améliorer la qualité du travail et de renforcer l’efficacité de l’entreprise. Les salariés formés sont en mesure d’apporter des idées novatrices et de mettre en place de nouvelles méthodes de travail plus efficaces.
     
  3. Réduction du turn-over : en proposant des formations à ses salariés, l’entreprise montre qu’elle s’intéresse à leur développement personnel et professionnel. Cela peut contribuer à améliorer la motivation et la fidélisation des salariés, et donc à réduire le turn-over.
     
  4. Gain en compétitivité : en formant ses salariés, l’entreprise peut améliorer sa compétitivité sur le marché. Les salariés formés sont en mesure de répondre aux besoins de l’entreprise et de contribuer à son développement.
     
  5. Valorisation de l’image de l’entreprise : en mettant en place la Pro-A, l’entreprise montre qu’elle est attentive à la formation de ses salariés et qu’elle s’investit dans leur développement. Cela peut contribuer à améliorer l’image de l’entreprise et à renforcer sa réputation.
     

Pour le responsable de formation, le dispositif doit donc s’inscrire dans une véritable stratégie de formation. Mais comment ça marche ?

La Pro-A en pratique

La reconversion ou la promotion par alternance s’inscrit dans une co-construction entre le salarié et l’entreprise et intervient en complément du compte personnel de formation (CPF).

Il peut être à l’initiative du salarié ou du responsable de formation lorsque le dispositif est intégré au plan de développement des compétences de l’entreprise. Les actions de formations visent alors à favoriser l’adaptation des salariés à leur poste de travail.

▶️ Comprendre la Pro-A en 1 minute

Source : OPCO Mobilités

Les formations éligibles à la Pro-A

Les formations réalisées dans le cadre de la Pro-A comportent une partie théorique et une autre pratique en alternance dispensées par un organisme externe ou interne à l’entreprise. 

Elles concernent la préparation de qualifications définies par la législation en vigueur et par une disposition conventionnelle :

  • Diplôme ou titre à finalité professionnelle enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP) ;
  • Certificat de qualification professionnelle (CQP) ;
  • Qualification reconnue dans les classifications d’une convention collective nationale de branche ;
  • Validation des acquis de l’expérience (VAE; VAE collective) ;
  • Certificat de connaissances  et de compétences professionnelles (Cléa) lié aux savoirs de base. 

Parmi les types de formations éligibles à la Pro-A, on peut citer les formations en lien avec les technologies de l’information et de la communication (TIC), les langues étrangères, la gestion, le management, les ressources humaines, la vente, le marketing, la communication, la qualité, la sécurité, l’environnement, etc.

La durée de la Pro-A (Promotion par l’Alternance) peut varier en fonction des objectifs de formation et des dispositifs mis en place par l’entreprise ou l’organisme de formation. En règle générale, la durée de la formation en alternance peut varier de quelques mois à deux ans.

Voici quelques exemples de durée de formation pour la Pro-A :

  1. Pour une formation courte visant à acquérir des compétences spécifiques, la durée peut être de quelques mois seulement (par exemple, une formation de 6 mois pour apprendre une nouvelle technologie).
     
  2. Pour une formation qualifiante ou diplômante, la durée peut être plus longue. Par exemple, une formation professionnelle qualifiante de niveau Bac +2 peut durer 1 à 2 ans.
     
  3. Pour une formation longue permettant d’obtenir un diplôme de niveau supérieur (licence, master, doctorat), la durée de la formation peut être de 3 à 5 ans en alternance.

Il convient de noter que la durée de la Pro-A peut varier en fonction des modalités de formation choisies, telles que l’alternance entre les périodes de travail et les périodes de formation en centre de formation, la durée de chaque période, etc. La durée peut également dépendre des exigences du diplôme ou de la qualification visée.

Mais attention, tout le monde n’y a pas accès. 

Qui est concerné par la Pro-A ?

Les publics éligibles au dispositif Pro-A sont les salariés :

  • en contrat à durée indéterminée (CDI) ;
  • bénéficiaires d’un Contrat unique d’insertion (CUI) à durée indéterminée ;
  • sportifs ou entraîneurs professionnels, en contrat à durée déterminée (CDD) ;
  • en activité partielle.

Ces derniers doivent avoir un niveau de qualification inférieur à un niveau licence (Bac +3) certifié au RNCP. 

Comment fonctionne le financement de la Pro-A ?

La promotion par alternance est financée par des contributions des employeurs. Ils doivent contribuer à la formation professionnelle de leurs salariés en versant une contribution obligatoire à un organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) ou à une structure similaire.

Les OPCA collectent ces contributions et les redistribuent aux entreprises sous forme de financements pour la formation de leurs salariés. Les entreprises peuvent également financer elles-mêmes la formation de leurs salariés sans passer par l’OPCA. En outre, les salariés peuvent avoir accès à des financements complémentaires, comme le compte personnel de formation (CPF), pour financer leur propre formation en alternance dans le cadre de la Pro-A.

La rémunération pendant la formation Pro-A

La rémunération pendant le dispositif de promotion par alternance dépend du contrat de travail du salarié et de l’accord collectif de l’entreprise.

En général, les salariés en formation perçoivent au moins 85% de leur salaire habituel pendant la durée de la formation. Cependant, cette rémunération peut varier en fonction des accords collectifs de branche, de l’entreprise et de la durée de la formation.

Dans certains cas, une indemnité de formation peut également être versée pour compenser les frais de transport, de repas et d’hébergement liés à la formation.

Quelles obligations pour l’employeur ?

En tant que responsable de formation, si vous choisissez de recourir à la Pro-A, sachez que vous devrez vous soumettre à un certain nombre d’obligations.

Ainsi, la première chose à faire consiste à réaliser un avenant au contrat de travail du salarié, précisant la durée (entre 6 et 12 mois sauf exceptions notamment VAE et Cléa) et l’action de formation envisagée.
Celui-ci sera envoyé à votre Opérateur de compétences (OPCO) pour le financement des frais pédagogiques, de transport et d’hébergement selon un montant forfaitaire défini par la branche professionnelle.

Dans la réglementation, il faut également savoir qu’aucune action de formation en dehors du temps de travail ne pourra s’effectuer sans l’accord écrit du collaborateur. 

Si sa formation se fait pendant les heures de travail, vous devrez continuer à lui verser une rémunération et assurer une continuité de sa protection sociale professionnelle. 

Enfin, vous devrez lui désigner un tuteur disposant d’au moins 2 ans d’expérience professionnelle en lien avec la formation visée pour l’accompagner durant cette période. 

Ses missions seront les suivantes :

  1. Accueillir le stagiaire ou salarié : le tuteur doit accueillir le stagiaire/salarié et lui présenter l’entreprise, son fonctionnement, ses missions et ses valeurs.
     
  2. Établir un plan de formation : en collaboration avec l’équipe pédagogique, le tuteur doit établir un plan de formation pour le stagiaire en fonction de ses besoins et de son projet professionnel.
     
  3. Assurer le suivi pédagogique : le tuteur doit suivre le stagiaire dans sa progression et s’assurer qu’il acquiert les compétences nécessaires pour mener à bien sa mission.
     
  4. Transmettre ses compétences : le tuteur doit transmettre ses compétences au stagiaire en lui permettant de travailler en autonomie sur des missions de plus en plus complexes.
     
  5. Évaluer les compétences du stagiaire : le tuteur doit évaluer régulièrement les compétences du stagiaire pour l’aider à progresser et lui donner des feedbacks constructifs.
     
  6. Favoriser l’intégration du stagiaire : le tuteur doit favoriser l’intégration du stagiaire dans l’entreprise en le faisant participer aux réunions d’équipe, en lui présentant ses collègues et en lui expliquant les règles de l’entreprise.
     
  7. Être le référent du stagiaire : le tuteur doit être le référent du stagiaire en entreprise, répondre à ses questions, le conseiller et le guider tout au long de sa formation.
     
  8. Communiquer avec l’équipe pédagogique : le tuteur doit communiquer régulièrement avec l’équipe pédagogique pour faire le point sur la progression du stagiaire et ajuster si besoin le plan de formation.

En résumé, le tuteur est un véritable accompagnateur pour le stagiaire en alternance, qui assure un suivi pédagogique de qualité et facilite son intégration en entreprise.

Voir aussi : Dispositif FNE-Formation : qu’est-ce que c’est ?

En conclusion

La Pro-A est un dispositif à ne pas négliger dans un plan de développement de compétences efficace. Vous en connaissez maintenant les atouts pour une organisation compétitive en temps de crise.
Il ne vous reste plus qu’à la mettre en place.

Cécile Vienne - Skills Mag
Cécile Vienne
Cécile Vienne
Après 5 ans dans les relations presse et la communication, j'ai développé un espace de coworking nantais où j'ai vu grandir de nombreux entrepreneurs.

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